Publié le 06 décembre 2023

[NEWS TANK SPORT] Cyclisme : « Le Tour de France, c’est bien plus qu’un chiffre d’affaires » (Christian Prudhomme, ASO)

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« Le Tour c’est bien plus qu’un chiffre d’affaires. Le Tour, c’est une histoire enracinée dans des villes, c’est le sourire des gens. Et c’est ce qui est le plus déterminant dans un parcours du Tour de France. Bien sûr que l’on va gagner plus d’argent en organisant un départ à l'étranger, mais ce n’est pas notre raisonnement. Notre idée est plutôt d’aller chercher des gens qui aiment le Tour. C’est ce qui va permettre d’intéresser les médias, et donc de faire croître les droits TV, etc. », déclare Christian Prudhomme, directeur du Tour de France auprès d’ASO, à News Tank, le 30/11/2023.

Christian Prudhomme, en poste depuis 2007, s’exprime en marge de la présentation du « Grand Départ » du Tour de France 2025 qui s'élancera de Lille (Nord) et traversera la région des Hauts-de-France lors de ses trois premières étapes prévues du 05 au 07/07/2025. La Grande Boucle s'élancera ainsi du territoire français pour la première fois depuis 2021 (départ à Brest, Finistère), après des « Grands Départs » organisés à Copenhague (DAN) en 2022, Bilbao (ESP) en 2023 et Florence (ITA) en 2024.

« Nous avons la volonté d’aller régulièrement à l'étranger, même si des Français se demandent pourquoi. Mais je le dis et je l’assume. Cela permet de faire rayonner le Tour et donc la France. Nous allons ainsi chercher d’autres amoureux du Tour. Lorsque nous nous rendons à Bilbao, à Copenhague ou encore dans le Yorkshire (GBR) en 2014, le succès populaire y est phénoménal », indique Christian Prudhomme.


  • Le groupe Amaury, propriétaire d’Amaury Sport Organisation, a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 557,3 millions d’euros en 2022, en hausse de 82,4 millions d’euros par rapport à 2021, pour un effectif moyen de 1 350 salariés, contre 1 298 en 2021.

« On ne peut pas aller beaucoup plus loin que Copenhague » (C. Prudhomme, Tour de France)

Comment une ville peut-elle devenir hôte du « Grand Départ » du Tour de France ? 

« Pour devenir ville de grand départ pour où ville hôte, il suffit de nous écrire ! Ensuite, on détermine le tracé en fonction de nos critères. Nous superposons les cartes des différentes éditions pour essayer d'être un peu partout : en 2020 on part de Nice, en 2020 de Brest, en 2025 de Lille,. Le but est de donner un peu du Tour de France à tout le monde.

Le Tour de France est la plus grande course du monde. Mais le parcours n’est pas imaginé uniquement sur des critères sportifs. Certes, il faut un parcours qui réponde sportivement aux besoins d’une course de trois semaines. Mais si nous ne nous référions qu'à l’aspect sportif, la France serait coupée en deux et toutes les étapes seraient organisées à l’Est, là où l’on peut avoir à la fois de la plaine et de la haute montagne. Mais la Bretagne, la Vendée ou encore le Nord adorent le vélo eux aussi, même sans avoir de la montagne ! Nous devons aussi y être présents. Nous allons donc y tracker les côtes qui sont souvent plus importantes que dans la haute montagne. 

Après trois départs consécutifs à l'étranger, nous avons choisi de revenir dans le Nord, car la ferveur populaire y est énorme ! Le département du Nord est le plus peuplé de France (2,6 millions d’habitants), la métropole européenne de Lille représente 1,2 million d’habitants tandis que les Hauts-de-France regroupent six millions d’habitants. La base de fans y est très grande.

Est-il possible d’aller encore plus loin que Copenhague pour un Grand Départ du Tour de France ?

Non, on ne peut pas aller beaucoup plus loin. D’une part parce que ce ne serait plus vraiment la bonne saison. Et d’autre part, la logistique serait trop compliquée à gérer. On reçoit beaucoup de candidatures. Ces dernières 48 heures, j’ai même rencontré les représentants de deux grandes villes européennes de passage à Paris pour parler des Jeux Olympiques. 

Avez-vous déjà été approché par des États du Moyen-Orient ?

On ne peut pas faire un départ dans un pays qui se situe à plus de quatre heures de vol et si le décalage horaire est supérieur à deux heures. Ce sont les règles de l'UCI. Et c’est du bon sens ! Cela permet aux champions d’avoir un minimum de récupération.

Mais c’est en revanche dommage pour les départements et territoires d’Outre-mer. Il y avait eu un projet en 2000, soutenu par le président Jacques Chirac, mais cela n’a pas marché. Aujourd’hui, c’est impossible. 

On a droit à un joker tous les quatre ans pour partir un vendredi (au lieu du samedi) en ayant un jour de repos dédié au transfert des coureurs et du dispositif dès la première semaine (le lundi). Toujours en respectant la règle des quatre heures de vol et des deux heures maximums de décalage horaire. »

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France (ASO), à News Tank, le 30/11/2023

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