Publié le 21 juillet 2022

[News Tank Sport] Paris 2024 / Voile : « Les Jeux créent de l’engouement chez nos partenaires potentiels » (J-L Denéchau)

« Le budget de la Fédération s’élève à 15 millions d’euros, dont 40 % proviennent des licences, 38 % des subventions, 10 % des partenaires, 8 % de la boutique, et 4 % d’autres sources (dont la formation). Par rapport au budget, la part des partenaires est donc pour l’instant réduite, et l’objectif est de pouvoir l’augmenter. La perspective des Jeux de Paris 2024 génère de l’engouement chez nos partenaires potentiels, mais beaucoup souhaitent s’engager auprès de l’équipe de France, sur le haut-niveau et la haute-performance, mais nous souhaitons développer aussi les partenariats sur toutes les autres activités de la Fédération », déclare Jean-Luc Denéchau, président de la Fédération Française de Voile, à News Tank, le 12/07/2022.

Dans la perspective des Jeux Olympiques d'été de Paris 2024, News Tank publie chaque semaine un entretien réalisé avec un président ou un directeur général de Fédération olympique. Après Jean-Pierre Siutat (FFBB), Jean Zoungrana (FFCK), Isabelle Jouin (FFHockey), Jean-Michel Cléroy (FFTA), Stéphane Nomis (FFJDA), Éric Tanguy (FFVolley) et Joël Bouzou (FFPM), c’est au tour de Jean-Luc Denéchau de s’exprimer.

« Pour la Fédération Française de Voile, les Jeux Olympiques sont évidemment un événement majeur. Les épreuves auront lieu à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; comme souvent, la voile est un peu éloignée du centre névralgique des Jeux. Notre objectif est de faire mieux qu’à Tokyo (JAP), d’où nous avions ramené trois médailles, soit presque 10 % du total des médailles françaises », indique le dirigeant.

« Nous avons deux objectifs en termes de licences (d’ici 2024). Tout d’abord, retrouver assez rapidement notre nombre de licenciés de 2019, puisque la crise sanitaire nous a impactés. A l’heure actuelle, au niveau des jeunes, nous y sommes parvenus puisque nous sommes à + 4 %. Par contre, nous n’avons pas encore retrouvé la totalité de notre public adulte, sur lequel nous sommes à 4 % de moins. Les Jeux de Paris 2024 vont permettre d’amener de nouveaux licenciés, que ce soit les plus jeunes, tout comme les adultes et les seniors. Ils vont aussi permettre de faire découvrir la voile dans son ensemble, qu’elle soit compétitive ou course au large, funboard, ou pratique voile bien-être et détente », explique Jean-Luc Denéchau, qui répond aux questions de News Tank.


« Notre stratégie est de s’adresser à tous, en s’intégrant dans tous les pans de la société » (J.-L. Denéchau)

Qu’attendez-vous des Jeux de Paris 2024 pour votre sport et votre Fédération ? 

Apporter une dynamique à l’ensemble de la filière compétitive »

C’est une motivation extrême pour nos athlètes de la haute-performance : faire des Jeux à domicile, c’est quelque chose qui arrive au mieux une fois par siècle. Mais cela apporte aussi une dynamique à l’ensemble de la filière compétitive : les générations suivantes, qui ne sont pas en lice pour 2024 mais qui préparent d’ores et déjà les Jeux 2028, ont la possibilité de s’entraîner beaucoup plus avec l’équipe de France lors des regroupements à Marseille. 

«  Deux épreuves jusqu’ici jamais vues aux Jeux Olympiques verront le jour à Paris en 2024 : la planche à voile IQ foil et le formula kite. »

• Femmes (4 épreuves) : dériveur solitaire ILCA 6, skiff 49er FX, planche à voile IQ foil, formula kite. 
• Hommes '4 épreuves) : dériveur solitaire ILCA 7, skiff 49er, planche à voile IQ foil, formula kite. 
• Mixte (2 épreuves) : multicoque mixte Nacra 17 à foils, dériveur double mixte - 470.

Paris 2024

Les épreuves de voile auront en effet lieu à Marseille (Bouches-du-Rhône). Avez-vous été consultés par le COJO à ce sujet ? Êtes-vous satisfaits ? 

Le site a été choisi en 2015, suite à un appel à candidatures lancé sur l’ensemble du territoire. L’Association Ambition Olympique et Paralympique a donc choisi une ville, en l’occurrence Marseille. Nous sommes sur place, donc nous avons tous les atouts pour naviguer au maximum sur le plan d’eau des Jeux en nous appuyant sur notre pôle France olympique à Marseille. 

La marina de Marseille (FRA), qui accueillera les épreuves de voile des JOP de Paris 2024 - ©  Paris 2024

Combien comptez-vous actuellement de licenciés ? Quelle est leur typologie ? 

Nous avons un peu plus de 260 000 licenciés, dont 37 % sont des femmes (données chiffrées 2021). L’âge médian de nos licenciés est de 13 ans. 

Quels sont les principaux freins que vous rencontrez pour en recruter davantage ? 

1 100 clubs répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin »

Le sport est souvent une activité de proximité. Par définition, toute la population française n’a pas la chance d’habiter à proximité d’un plan d’eau. Nous avons 1 100 clubs répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin, dont la plupart sont situés sur des littoraux, mais nous avons aussi ce que nous appelons des “ligues d’intérieur”, comme la Ligue d’Île-de-France ou la Ligue Grand Est, où les pratiquants naviguent sur des plans d’eau (lacs, étangs) ou des cours d’eau.

Cette notion de proximité reste néanmoins un frein, même mineur, car tout le monde n’a pas forcément un club de voile proche de chez lui. Par ailleurs, il y a quelques préjugés sur notre sport, qui peut être considéré comme un peu risqué face aux éléments (eau, vent) méconnus par beaucoup de nos concitoyens. Mais ces freins-là peuvent être facilement levés au regard des bénéfices que les gens trouvent dans la pratique de la voile dès lors qu’ils s’y initient.

Vous avez été élu à la tête de la Fédération en mars 2021. Quels ont été vos premiers chantiers ? 

Tout finaliser pour les Jeux de Tokyo 2020 »

Je connaissais déjà bien la Fédération lorsque j’en ai pris la tête, puisque j’en étais administrateur depuis 12 ans. Le premier chantier a été de tout finaliser pour les Jeux de Tokyo 2020, puisqu’ils avaient été décalés d’un an, avec des contraintes spécifiques liées au Covid-19. Il a ensuite fallu choisir une équipe au niveau de la direction technique, puisque l’ancien directeur partait à la retraite, puis le directeur des équipes de France.

Une réorganisation en interne a été nécessaire, afin de tenir compte de la crise sanitaire et notamment du télétravail. Et surtout, nous avons dû nous battre pour que la pratique puisse continuer du mieux possible dans les cadres réglementaires qui nous étaient offerts. 

Camille Lecointre et Aloïse Retornaz, médaillées de bronze en 470 femmes aux JO de Tokyo 2020 - ©  D.R.

Quels étaient les piliers de votre programme ? 

Pouvoir à la fois travailler sur les bénévoles et les professionnels »

Pouvoir à la fois travailler sur les bénévoles et les professionnels, pour offrir de la formation à tous. Il est très important d’offrir aux professionnels un parcours et une visibilité sur leur carrière. Pendant 30 ou 40 ans, nous avons formé beaucoup de moniteurs de voile, mais sans leur offrir suffisamment de possibilités de formation continue. Nos professionnels sont bien sûr des techniciens, et s’appuient sur leurs compétences acquises dans le cadre du brevet d’éducateur sportif, mais ils sont de plus en plus confrontés à des défis très variés, en termes de communication, de management, d’accueil du public, etc.

Il fallait aussi revaloriser le prix de nos prestations, puisque nous ne vendons pas assez cher certaines de nos activités, ce qui crée un léger déficit dans notre politique salariale. Il faut arriver à rendre de nouveau ce métier très attractif, et surtout valoriser le fait que les diplômes que nous décernons sont extrêmement responsabilisants. 

Développer un programme d’animation des bénévoles »

S’agissant des bénévoles, je pense que nous pouvons en avoir beaucoup plus : les jeunes sont motivés pour s’engager, mais de manière totalement différente. Il faut qu’ils y trouvent du sens, et que nous soyons précis dans les missions que nous leurs attribuons. Cela nécessite d’affecter une personne dans chaque club pour gérer ces bénévoles. Il est difficile d’évaluer le nombre de ceux qui interviennent dans notre écosystème car toute personne membre d’un club l’est potentiellement. Nous travaillons justement, avec Qoezion, au développement d’une application nommée “Instant Bénévole”, que nous allons proposer aux clubs afin qu’ils puissent mieux gérer leurs bénévoles. Cela nous permettra d’avoir une vision d’ensemble pour développer un programme d’animation de ces derniers en leur offrant par exemple des avantages. 

Notre objectif est de faire en sorte que la voile soit présente dans tous les domaines de la société (culture, recherche, etc.). La Fédération est souvent vue sous l’aspect compétitif, alors que la compétition n’est en réalité qu’une partie des nombreuses activités offertes par la voile. Nous avons lancé des rapprochements dans le domaine touristique, notamment avec le “slow tourisme” qui permet d’associer la voile et la découverte des régions et de la biodiversité. 

Faire en sorte que la voile soit présente dans tous les domaines de la société »

Nous avons aussi souhaité nous investir sur un plan social. Nous avons développé le projet ”La mer est à vous”, en partenariat avec l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) et l’Agence pour l'éducation par le sport (APELS), projet qui permet à des jeunes éloignés de l’emploi de découvrir le milieu maritime au travers d’un stage de cinq mois dans un club de voile avec, pour finalité, d’accéder à un emploi ou à une qualification dans le domaine maritime.

Cette acculturation permet aux personnes accompagnées de découvrir la voile mais aussi de retrouver un savoir-être, une autonomie, de prendre confiance en eux. Ils travaillent à la rédaction d’un CV, sur la manière de se présenter à un employeur, et découvrent la multitude d’emplois qui existent dans le milieu maritime ou fluvestre. Ce projet a été développé avec le ministère du Travail et nous avons bénéficié du plan d’investissement dans les compétences. Le programme dure trois ans, et nous espérons qu’il bénéficiera à près de 400 jeunes. 

"La mer est à vous", le projet sociétal de la FFVoile en partenariat avec l’AFPA et l’APELS - ©  FFVoile

Que mettez-vous en place en matière d’accompagnement des sportifs de haut-niveau ? 

Un triple projet sportif, individuel et professionnel »

Nos sportifs de haut-niveau doivent avoir ce triple projet : sportif, individuel et professionnel. Nous avons la chance d’être un sport qui se fait à maturité : on peut être champion olympique à 50 ans.

Par ailleurs, s’agissant d’un sport mécanique, les sportifs de haut-niveau s’intéressent à toute la partie équipement, matériel, matériaux, et certains d’entre eux suivent des formations d’ingénieur. Nous les accompagnons dans leur cursus, en mettant en place des conventions d’immersion professionnelle (CIP) selon lesquelles l’employeur s’engage à dégager du temps pour permettre au sportif de s’entraîner, avec l’objectif d’intégrer l’entreprise après sa carrière, ou du moins de continuer à valoriser ses compétences.

Votre programme intégrait également l’obtention de la norme ISO 26 000. Qu’avez-vous mis en place en ce sens ? 

La voile représente des valeurs liées à la protection des océans »

Nous sommes en plein diagnostic, pour pouvoir ensuite aller vers la norme. Nous avons recruté une personne afin de renforcer notre démarche RSE. Dans un premier temps, cela concernera uniquement la Fédération, son siège social et ses actions, et non les clubs. Ce diagnostic inclut notamment des bilans carbones, nos actions sociales auprès des salariés et bénévoles, nos obligations envers les fournisseurs, etc. 

Il est important que nous puissions donner à nos industriels une vision à 10 ou 15 ans, pour intégrer à nos cahiers des charges ce que nous souhaitons, puisqu’un industriel ne peut pas changer ses lignes de production en deux ou trois ans. La voile représente des valeurs liées notamment à la protection des océans. Nous nous devons d’être plus que bienveillants avec notre terrain de jeu.

Quelle est la typologie de vos partenaires ? Sont-ils gérés par une agence ? 

Jusqu’à maintenant, nous gérions nous-même nos partenaires, mais nous allons désormais travailler avec des spécialistes. Nous tenons également à montrer que nos valeurs sont non seulement défendues en interne, mais que nous allons aussi chercher des partenaires qui sont en adéquation avec elles. 

Une excellente visibilité indépendamment de la performance »

L’avantage de notre sport, que je mets souvent en avant auprès des partenaires, est son excellente visibilité, indépendamment de la performance. Cette visibilité, le partenaire l’aura quoi qu’il arrive grâce aux valeurs véhiculées et à l’histoire qu’il sera en capacité de raconter. Le meilleur exemple, c’est notre partenariat avec Banque Populaire (Groupe BPCE), avec qui nous sommes engagés depuis plus de 30 ans. Nous avons l’habitude de communiquer ensemble, ils savent exactement ce sur quoi ils peuvent s’appuyer. 

En termes de durée, nous proposons généralement des partenariats sur une olympiade, donc quatre ans. Il y a un droit d’entrée qui ouvre, selon le niveau de financement, à une certaine visibilité. Au-delà de cette base, chaque partenaire peut éventuellement personnaliser son action sur un sujet donné. C’est le cas d’Engie, particulièrement engagé sur le kite via l’Engie Kite Tour par exemple.

Nous avons trois niveaux de partenariat. Il y a les fournisseurs officiels qui, pour beaucoup, fournissent une part en marchandises. Puis les partenaires officiels et enfin les partenaires majeurs. 

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur votre Fédération ? 

L’implication majeure a été la perte de licences »

Pour nous, l’implication majeure a été la perte de licences, en grande partie en raison de l’interdiction qui pesait sur la navigation en équipage, contrairement à la navigation en solitaire. Ces pertes de licences se traduisent évidemment par des pertes financières. Nous avons néanmoins eu de la chance dans notre malheur, car les allègements des restrictions sanitaires ont toujours coïncidé avec les vacances de Pâques ou d’été, et il y avait une envie de pratiquer des sports de plein air et de nature, ce qui nous a permis de bien reprendre. 

Nos partenaires, eux, nous ont suivis et il n’y a eu aucun problème, aucune pression de leur part. Ils ont honoré leur contrat comme s’il n’y avait pas eu le Covid. Cela s’inscrit dans les valeurs de la voile : il y a parfois du mauvais temps, mais ce n’est pas pour cela qu’on abandonne.

Quel bilan tirez-vous de cette première année de présidence ? 

Un bénévole, même très engagé et président de club, n’aura pas la réactivité d’un professionnel présent tous les jours »

La plus grosse difficulté dans la gestion d’une Fédération, c’est de réussir à mettre tout le monde en marche dans la même direction. C’est la différence avec une entreprise : dans une association, il faut fédérer, être consensuel. Vous travaillez avec des gens qui, de par leurs fonctions, ont des rythmes de travail différents. Un bénévole, même très engagé et président de club, n’aura pas la réactivité d’un professionnel présent tous les jours.

Nous travaillons avec des personnes de droit public, comme nos conseillers techniques sportifs, qui sont des fonctionnaires placés auprès de notre Fédération, mais aussi des personnes de droit privé et des bénévoles avec des compétences et des disponibilités variées. Il s’agit de composer avec tout le monde, de construire ensemble, ce qui était le thème de ma campagne : “construisons ensemble le futur de la voile.”

"Construisons ensemble le futur de la voile", la candidature de Jean-Luc Denéchau à la présidence de la FFVoile - ©  Jean-Luc Denéchau
Nous avons réactivé et créé des réseaux »

Pour garder le lien entre la Fédération et les clubs, nous avons une newsletter tous les 15 jours. Nous avons réactivé et créé de nouveaux réseaux, ce qui répondait à un vœu de l’ensemble de l’équipe. Beaucoup de réseaux se réunissent dans le cadre des commissions sportives, de la formation, du tourisme, des classes de mer, etc. permettant à tous les acteurs des territoires impliqués dans nos clubs et établissements de se rencontrer sur des thématiques variées. 

Dans chaque territoire, il y a des Ligues, et dans chaque département des CDV (comités départementaux de voile), qui sont au contact des clubs. C’est ce maillage qu’il faut animer.

Quelles sont vos principales échéances d’ici à 2024 ? 

Trouver de nouveaux types de recettes cohérentes avec les projets associatifs »

Arriver à fédérer encore plus, dans un monde en totale mutation. Il faut que nous arrivions à passer d’un statut où les clubs n’avaient que des adhérents, à un statut où une partie d’entre eux sont devenus des clients. Il faut répondre à la demande de ces clients, sans pour autant perdre son âme. Un club qui a un projet associatif clair doit être en mesure d’affirmer ses valeurs et ses objectifs, de déterminer ses besoins en financement ainsi qu’une manière d’y répondre. Les subventions vont aller en diminuant : il est donc nécessaire de trouver de nouveaux types de recettes cohérentes avec les projets associatifs. Notre travail est d’accompagner les clubs dans cette démarche. Certains clubs doivent aussi se professionnaliser pour pouvoir perdurer. 

En matière de statut, au sein de la Fédération, la plupart des structures sont des clubs sous forme associative, mais nous avons aussi des établissements, qui sont soit des émanations de collectivités, soit des sociétés privées ayant pour certains des délégations de service public. Cette diversité est bénéfique : il y a des modèles économiques intéressants à développer des deux côtés.

Quelle est votre stratégie sur le digital ? 

Nous souhaitons être présents auprès des différentes catégories au sein de la Fédération, ces « communautés » vont de la voile radiocommandée aux trimarans, aux IMOCA, au kite, etc. Tous les pratiquants ont la même passion mais naviguent sur des supports différents, avec des attentes différentes.

Trouver des nouveaux mécanismes communautaires »

Nous développons actuellement une application destinée aux riders (kite, planche) pour trouver des nouveaux mécanismes communautaires. Historiquement, les Fédérations se sont toujours mesurées au nombre de licences, mais il faut se dire qu’à terme, nous compteront également les communautés que nous serons capables d’agréger et qui adhèreront à notre projet ou nos valeurs, même si ce n’est que sur une partie de la Fédération.

Sur cette application, les pratiquants pourront renseigner leur type de pratique, leur niveau estimé, leurs lieux de pratique. L’application les préviendra ensuite quand les bonnes conditions sont réunies. Il sera également possible d’échanger entre utilisateurs pour décider de points de rendez-vous. Cela aidera également les vacanciers à découvrir les régions dans lesquels ils se rendent tout en disposant des conditions techniques. 

Le kite, discipline sous l'égide de la Fédération Française de Voile depuis 2017 - ©  Eric Bellande / FFVoile

Et en termes de diffusion ? 

La voile olympique fait partie de ces sports qui ne sont pas considérés comme médiatiquement bankables. Nous n’avons aucun contrat de diffusion télévisuelle. Toutefois, la complexité de compréhension, toute relative, a été grandement améliorée par la 3D et le tracking. Le live étant difficile d’accès, notre stratégie vise donc plutôt à diffuser dans des émissions sportives, des images spectaculaires et à raconter les parcours de nos sportifs, ce que nous avons fait récemment avec France Télévisions par exemple. L’objectif est donc de donner envie aux gens de pratiquer la voile. 

Donner envie aux gens de pratiquer la voile »

Sur la course au large, les médias viennent d’eux-mêmes sur les départs (Transat Jacques Vabre, Route du Rhum, Vendée Globe). Nous diffusons également beaucoup le jeu Virtual Regatta, notamment auprès des écoles. Nous offrons aux écoles la possibilité d’avoir un bateau « virtuel » sur ces épreuves mythiques. Nous fournissons également un kit pédagogique pour que l’instituteur puisse aborder la géographie, les mathématiques, etc. Chaque jour, la classe fait avancer le bateau : nous leur envoyons les prévisions météorologiques du lieu où se trouve leur bateau ainsi que des idées de routage. Nous mettons ça en place une fois par an, avec entre 3 000 et 3 500 classes participantes, soit plus de 150 000 élèves. Nous avons plusieurs classements et nous offrons aux vainqueurs l’opportunité de venir faire de la voile réelle dans le cadre scolaire. 

Nous avons également lancé l’action “Du virtuel au réel” en envoyant un mail à toutes les classes ayant participé à l’opération voile virtuelle, et en leur proposant de découvrir la voile en réel. Plus de 300 écoles ont répondu favorablement et nous avons transmis leurs coordonnées à nos clubs afin de mettre en place un programme de voile scolaire. 

Quels publics souhaitez-vous engager autour de la voile avant Paris 2024 ? 

En termes de tranche d’âge, nous sommes à l’aise avec tout le monde car la voile est un sport qui peut se découvrir sur le tard, car nous avons des supports adaptés à tous, avec différents types d’engagement physique. Notre stratégie est donc de s’adresser à tous, en s’intégrant dans tous les pans de la société pour montrer que la pratique est accessible près de chez soi, sur un lac, un fleuve ou bien sûr en mer, seul, en équipage, encadré ou non, dans une école, etc.

Le dénominateur commun est la recherche des sensations, que certains vont trouver dans un cadre compétitif, d’autres dans la balade, d’autres encore en y intégrant une notion de bien-être. Chacun peut y trouver son compte. 

Source : News Tank Sport