Christophe Lepetit, Responsable des études économiques et des partenariats, CDES, vous propose une analyse de l’impact de la crise sanitaire de Covid-19 sur le marché du naming en France.
La crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 a profondément ralenti l’ensemble des économies mondiales, mettant bon nombre d’activités à l’arrêt pendant plusieurs semaines, parmi lesquelles toutes les activités de la filière sportive, que ce soit le sport professionnel ou le sport amateur. Les crises économique et social qui vont immanquablement suivre risquent malheureusement avoir de profondes répercussions et fragiliser les modèles économiques de nombreux acteurs.
Dans cette conjoncture très dégradée on peut donc se demander si le marché du naming sera impacté dans les semaines et les mois à venir. Il est très difficile d’apporter, à ce stade, une réponse définitive à cette question. Avant toute chose, on ne peut évidemment que regretter que cette crise survienne au moment même où le marché du naming français, après avoir mis du temps à décoller, commençait à se consolider. Nous avions en effet souligné tout le dynamisme affiché par le marché au court de la saison 2018/2019 avec notamment :
La saison 2019/2020 s’annonçait de son côté certes moins dense en termes de nouveaux marchés – on notera tout de même le renaming de la Ligue 2 passant de Dominos à BKT – mais avait laissé entrevoir quelques beaux projets parmi lesquels celui du stade Pierre Mauroy (Lille), pour lequel la Métropole Européenne de Lille était en recherche active, ou celui, plus lointain, du Parc des Princes, pour lequel le PSG avait entamé des recherches.
Faut-il s’attendre à un coup de frein important et à un net ralentissement du marché ?
Pour répondre à cette question, il nous semble nécessaire de nous placer du côté des souscripteurs des contrats de naming : les annonceurs. S’il est encore trop tôt pour avoir une appréciation définitive, il est à craindre que ces derniers, plus ou moins fortement impactés dans leurs activités core-business, réduisent leurs engagements de façon plus ou moins significative. Ainsi d’après une étude réalisée par l’Union Sport&Cycle[1] en début de crise auprès de ses adhérents, 60% des entreprises sponsors du sport indiquent qu’elles ne seront pas en mesure de poursuivre leurs engagements la saison prochaine et 27% qu’elles les réduiront. Dans le même ordre d’idée, certaines ligues professionnelles semblent tabler sur une réduction de l’ordre de 30% du sponsoring sportif pour la saison prochaine. Les secteurs particulièrement friands en matière de naming (compagnies aériennes, secteur automobile, restauration) pourraient ainsi être conduits à réduire significativement leurs engagements et à recentrer ceux qu’ils maintiendront vers les « actifs » les plus visibles.
Dès lors, le marché du naming ne nous semble pas devoir être épargné. Si les contrats signés, en particulier les accords pluriannuels, devraient pouvoir être honorés (sauf sortie unilatérale d’un annonceur), on peut très probablement craindre, a minima, un triple effet négatif :
La prochaine réunion de l’Observatoire du naming Sporsora nous permettra très certainement d’affiner ces analyses, en les confirmant ou en les invalidant, mais aussi de récolter l’avis des principaux acteurs – annonceurs et ayants droits – sur leur propre perception des enjeux et de l’évolution du marché.
Source :
[1] https://www.unionsportcycle.com/fr/les-actualites/2020-04-01/plus-de-3-mds-de-perte-de-chiffre-d-affaires-pour-nos-entreprises
Par Christophe Lepetit, Responsable des études économiques et des partenariats, Centre de Droit et d’Économie du Sport (CDES).

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